Rêver d’eau, c’est comme toucher l’âme de la Terre, cette sève dont nous sommes en grande partie composés et par laquelle nous sommes tous reliés. L’eau ne représente pas seulement nos « émotions », mais aussi ce qui les provoque : la source mystérieuse de toute vie.
Même s’il nous est facile de nous identifier à nos fonctions et à nos obligations quotidiennes, la vie émotionnelle ne se laissera pas ignorer. Elle se rappelle à vous si vous avez besoin d’une bonne noyade, emporte avec elle le superflu, vous conduira à la fontaine quand vous n’aurez pas encore conscience d’avoir soif ou vous emporte, sur la crête d’une vague, vers un autre rivage.
Il se peut qu’à d’autres moments, cette Eau vous purifie, vous baptise ou vous conduise jusqu’aux guides ancestraux qui se tiennent sous la surface. C’est dans son sillage qu’éclot la poésie, cette douce mélancolie dont nous sommes faits, elle est le flux, l’origine et la source de toute vie.
Nos ouïes ont si peu d’eau, quand ce dont nous avons réellement et fréquemment besoin, c’est d’être replongés dans les grands fonds, ramenés vers l’insondable, immergés en un lieu où l’amour est le dialecte, et la découverte la constante — là où nous sommes, sans but ni attache, portés par les courants tourbillonnants du changement.
— Traduction : Michèle Le Clech, by courtesy of Toko-pa Turner
Relecture : Nelly Delambily
Article original paru sous le titre: Water Dreams
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