Nancy Furlotti : le calendrier maya et le début d’un nouveau commencement

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Extraits du Huffingtonpost, interview de Nancy Furlotti sur la fin du monde, le calendrier maya… et une nouvelle forme de conscience.

http://www.huffingtonpost.com/pythia-peay/end-of-the-mayan-calendar-predicts-a-new-healing-myth-for-the-world_b_2302033.html

En vous écoutant, j’ai été frappée par la façon dont le calendrier maya reflète le mythe de la culture maya autour du temps. En quoi cette conception du temps diffère-t-elle de l’expérience que nous en avons dans notre monde moderne ?

Furlotti : notre manière occidentale de voir le temps est très linéaire et causale. Il commence à un point et se termine à un autre point. Par exemple, notre mythe biblique de création judéo-chrétienne commence avec la Genèse et se termine par l’Apocalypse où il y a une fin définitive.

En revanche, les Mayas avaient une vue circulaire du temps, où la fin est aussi un commencement. Dans cette perspective, le temps n’a ni commencement ni fin, il est continu, renouvelable et cyclique. […]

Nous sommes allés trop loin dans un sens, et nous avons besoin d’être ramenés à l’équilibre. Je voudrais souligner l’importance du temps lui-même comme clé de ce changement : Les Mayas voyaient les choses comme devant être faites au bon moment, et à un certain rythme. Ils plaçaient le temps entre les mains des dieux — non pas dans leurs propres mains —, et ce qui veut dire qu’ils vivaient selon un cycle qui n’appartient pas à notre calendrier, mais à celui de la nature.

Nous ne prenons pas en considération le temps, ni la nature, de cette même façon dans la société américaine. Nous sommes mus par l’ego, et nous faisons les choses quand nous voulons. Nous attendons de la nature qu’elle produise, toujours davantage et toujours plus rapidement. Et nous avons cessé de nous poser la question : Qu’est-ce que la nature veut de nous ?

Pensez-vous que l’une des raisons pour laquelle que nous nous arrêtons à cette date est qu’à un niveau inconscient, nous savons que nous avons tout gâché, et que nous souhaitons la fin du monde pour pouvoir tout recommencer ?

Je le crois. Les gens sont tellement découragés qu’à partir d’un sentiment de culpabilité ils attendent des dieux la destruction du monde. Mais ce qui est intéressant à propos de toutes ces craintes et prévisions est que Dieu revient toujours sur le tapis — et qu’est-ce que cela signifie ? Je pense que cela signifie qu’il y a une terrible attente derrière toute cette inquiétude autour de la fin des temps pour pouvoir se reconnecter à quelque chose de plus profond et de plus grand que l’ego.

Alors, que conseilleriez-vous à ceux qui craignent la fin du monde, que ce soit par une catastrophe environnementale ou par la main de Dieu ou autre événement divin ?

Je leur conseille d’aller à l’intérieur d’eux-mêmes et de voir ce qui git sous les peurs et les fantasmes individuels : ont-ils peur que le monde prenne fin, ou sont-ils heureux ? Est-ce qu’ils se sentent impuissants ? Qu’est-ce que l’image de la fin du monde signifie pour eux ? Les réserves de nourriture peuvent aussi être comprises psychologiquement : est-ce que les gens sentent qu’ils ne sont pas bien nourris ? Parce que la nourriture est aussi en lien avec la sécurité, l’idée de réserves de nourriture pourrait naître de l’insécurité de l’individu et représenter le moyen de se réconcilier avec eux-mêmes et comment trouver un sentiment de sécurité en eux-mêmes dans ce monde.

Il y a aussi un noyau de vérité dans le retour à la nature à un simple mode de vie. Être proches de la terre, des arbres, des rochers et des rivières, apporte un énorme sentiment de sécurité et de bien-être. Nous nous sommes éloignés d’une vie en harmonie avec la nature, et si nous ne changeons pas assez rapidement, nous sommes condamnés.