La véritable lumière

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nuit

Art: Yoko Furusho

La véritable lumière n’occulte jamais les ténèbres, mais elle naît, transformante et rédemptrice, au cœur même de celle dernière. C’est donc vers l’obscurité que nous devons nous tourner, chacun d’entre nous acceptant individuellement son ignorance et sa solitude, ses péchés et sa faiblesse et, plus que tout, consentant à attendre dans l’obscurité — et même à aimer cette attente…
— Helen M. Luke, Noël 1962

Fin d’automne…
Au jardin, les dernières feuilles se détachent et, dans une dernière danse, se répandent au pied des arbres et des arbustes, les éphémères ont disparu, les fruits non récoltés se sont gâtés et ce qui a poussé tardivement se voit fauché par le froid qui s’installe…
La nature entre dans le repos.
A l’unisson, certains souvenirs de l’année écoulée virevoltent peut-être aussi en nous… Et quand on regarde en arrière, il se peut qu’on ait des regrets. Mais au fur et à mesure que ces souvenirs s’amoncellent, si nous les regardons d’une toute autre façon, nous pouvons voir qu’ils peuvent aussi former un manteau protecteur pour ce qui est à venir.

La fin de l’automne est aussi une époque où certains projets avortent, forçant l’énergie à se retirer davantage, nous laissant quelque peu mélancoliques mais finalement désireuses de prendre un peu de repos et de nous laisser aller à la rêverie, encouragées par la lumière qui faiblit au dehors.
A cette époque de l’année, la nature aime à s’envelopper d’obscurité, c’est la raison pour laquelle je renonce par moment à la lumière artificielle et lui préfère la douce lumière d’une bougie qui invite au silence et à la méditation.
Ce sont des moments propices pour laisser place à nos ombres et faire la paix avec elles ou pour pleurer et honorer ce qui, en nous, a pu être fauché avant d’avoir eu la chance de s’épanouir… C’est aussi un moment idéal pour accueillir l’enfant que nous avons été, lui offrir l’attention dont il aurait eu besoin pour dire sa souffrance, sa solitude, ses angoisses… et puis trouver les mots pour l’apaiser.
Mais, si nous restons tournées vers les fantômes du passé, si notre énergie se concentre un peu trop sur certaines choses au risque de représenter une menace, les rêves s’invitent aussi dans la conversation. Grâce à leur sagesse, nous obtenons un éclairage sur ce qui se joue dans l’ombre ; nous sommes alors capables de refermer doucement la porte sur le passé et de reprendre le cours de notre vie.

— Michèle Le Clech ©

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