Marie-Louise von Franz : infection psychique

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Ame et archetypes« Tant que nous sommes inconscients nous ne sommes pas distincts des autres ; nous agissons, réagissons, pensons et sentons comme eux. C’est ce phénomène que Jung a appelé identité archaïque ou participation mystique, reprenant un terme conçu par Lévy-Bruhl.
Quand nous analysons les rêves de petits enfants, nous voyons souvent qu’ils rêvent de problèmes qui ne sont pas les leurs, mais ceux de leurs parents.
Dans les groupes familiaux ou dans d’autres communautés où les liens sont étroitement tissés, les individus rêvent souvent des problèmes de leur entourage; C’est comme si, dans les couches les plus profondes de l’inconscient, nous ne pouvions distinguer ce qui appartient à qui, comme si notre psyché inconsciente fusionnait pour ainsi dire avec celle des autres.
L’aspect négatif de ce phénomène, c’est que, tant que nous sommes inconscients, nous sommes perméables aux infections psychiques. Les complexes des autres personnes peuvent nous affecter au point de nous posséder. Ils peuvent même provoquer des états de possession collective.
Un autre aspect négatif de cette identité archaïque réside dans le fait que nous supposons que les autres sont psychologiquement semblables à nous. Cela semble nous donner le droit de les juger et de vouloir les ‘améliorer’ et même de les manipuler ou de leur imposer nos idées. »

— Marie-Louise von Franz, Âme et archétypes

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  1. Et un aspect positif probable de la contamination psychique serait celui d’une certaine “mise en ordre” se produisant chez les personnes se trouvant dans le voisinage immédiat d’un être qui est lui-même déjà mis en ordre, déjà suffisamment accordé à la note fondamentale de la vie.

    « 48, L’entrée dans la cité de Mains-Prodiguant-la-Béatitude. La dernière illustration des « Dix images de l’apprivoisement de la vache » du bouddhisme zen représente le point culminant du processus d’individuation : « Et maintenant, ayant passé par la phase du vide, ayant vu Dieu dans la nature, l’individu peut voir Dieu dans les hommes. L’illuminé se mêle sur la place du marché avec « les buveurs de vin et les bouchers » (les publicains et les pécheurs), il reconnaît la « lumière intérieure » de « la Nature du Bouddha » en chacun. Il n’a pas besoin de se tenir à distance, ni de se charger du poids du devoir ou des responsabilités, ni de suivre le modèle d’autres saints hommes, ni d’imiter le passé. Il est tellement en harmonie avec la vie qu’il est content de passer inaperçu, d’être un instrument et non un guide. Il fait simplement ce qui lui semble naturel. Pourtant, bien qu’il paraisse être un homme ordinaire marchant sur la place du marché, quelque chose se passe dans les gens avec lesquels il se trouve mêlé. Eux aussi commencent à faire partie de l’harmonie de l’univers. » — Suzuki, Manual of Zen Buddhism »

    Marie-Louise von Franz, “Alchimie”, commentaire de la vignette 48 – Éditions La Fontaine de Pierre :

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