Christiane Singer : la substance même de la création

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Christiane SingerAlors ce dont je veux vous parler c’est tout simplement de ce que je viens de vivre.
Ma dernière aventure.
Deux mois d’une vertigineuse et assez déchirante descente et traversée. Avec surtout le mystère de la souffrance.
J’ai encore beaucoup de peine à en parler de sang froid. Je veux seulement l’évoquer.
Parce que c’est cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence. Calcinée jusqu’à la dernière cellule. Et c’est peut-être grâce à cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable.
Il y a eu une nuit surtout où j’ai dérivé dans un espace inconnu. Ce qui est bouleversant c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout.
Je vous le jure.
Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour.
Tous les barrages craquent.
C’est la noyade, c’est l’immersion.
L’amour n’est pas un sentiment.
C’est la substance même de la création.

— Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage

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