Nuit obscure

Carnets de rêves Humeur du jour Leave a Comment

Artist: Josephine Wall

Artist: Josephine Wall

Elle est fille de ce monde, élevée par l’esprit du temps, celui d’une famille, d’une société et d’une culture. Elle a grandi, parfois portée par cet esprit, mais trop souvent moquée ou méprisée.
Mais aujourd’hui, elle peut sentir, au cœur de son intimité, que cet esprit régnant est décati. Il est malade, semblable à un vieillard sénile qui use encore de ses vieux tours ou sollicite quelque attention, flirtant avec la nouveauté vers laquelle elle tend, flattant d’une main et rabaissant de l’autre.
Quelque chose gronde maintenant en elle…
— Où est la Grande Mère, se demande-t-elle, qui saura protéger sa fille ?

L’esprit du temps change de cible, la voix change de ton, devient blessante. Elle se retrouve salie, voire même souillée, et sa souffrance est infinie. Plus rien n’existe… quoique, peut-être, un désir d’en finir.

Mais cette fois c’en est trop, elle lâche les sanglots puisque les mots ne viennent pas. Le torrent se déverse…
— Où est la Grande Mère ?
— Je suis tout près ma fille, ne bouge pas et ne crains pas. Je suis la nuit obscure et son ciel étoilé, je suis l’eau qui ruisselle et lave les blessures.
Lorsqu’elle rouvre les yeux, elle voit qu’Elle a œuvré comme sait faire la Nature, discrètement et à son rythme. Sans bien s’en rendre compte, elle avait déjà mis des énergies à son service. Le bénéfice est là ; du point de vue du moi, cela semble si peu, si dérisoire.
Mais le féminin se réjouit grandement, car c’est un pas de plus en direction du Bien Aimé.

Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.