Sibylle Birkhaüser-Oeri : La Mère dans les contes de fées

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La Mère dans les contes de féesLes éditions La Fontaine de Pierre nous offrent cette année la précieuse traduction d’un ouvrage consacré à l’archétype de la mère.
Sibylle Birkhaüser-Oeri, élève de Marie-Louise von Franz, a longtemps travaillé sur les contes et a donné des cours à l’Institut Jung de Zürich sur la mère dans les contes de fées. Emportée prématurément par la maladie, elle a laissé des notes que Marie-Louise von Franz a ordonnées et rassemblées.
De nombreux contes — Blanche-Neige, Dame Trude, Petite Grand-mère toujours verte —, sont donc abordés dans la perspective de la psychologie jungienne et axés sur l’image de la Grande Mère et ses différents aspects : le feu, le poison, le destin, la vie, la mort, la guérison… Ce livre arrive à point nommé, à une époque où la culture, pour avoir exploité et méprisé la Nature au lieu de se mettre à son service, subit un bouleversement d’envergure.

Sous la plume toute féminine de Sibylle Birkhaüser-Oeri, nous découvrons la problèmatique de la mère dans la vie pratique (mère-fille, mère-fils) mais surtout son arrière-plan archétypique qui vise à la libération et l’union avec quelque chose qui va bien au-delà de l’humain et qui est à la fois en chacun. Les figures maternelles des contes diffèrent en effet grandement de nos mères réelles et illustrent une réalité plus spirituelle et intérieure à laquelle nous sommes sans cesse confrontés, qu’elle soit bénéfique ou qu’elle représente un réel danger ; l’image primordiale de la mère fait référence à ce que l’on appelle l’inconscient, le fondement spirituel mais aussi corporel de notre existence, sous sa forme créatrice ou destructrice. Elle est en même temps un symbole de l’inconscient collectif, elle est à l’origine du problème de l’impulsion spirituelle mais aussi sa solution puisqu’elle relie les opposés.
Entrer en relation avec elle, c’est éviter que l’inconscient ne nous empoisonne à la manière d’une dangereuse sorcière, c’est trouver la clé d’or qui donne accès aux richesses intérieures, c’est mourir, en pleine conscience et vivre, dans la chambre du cœur, les épousailles avec Eros qui embrasse les principes masculin et féminin.


article paru sur le site de l’association CG Jung et Marie-Louise von Franz

 

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