Il gèle parfois en enfer

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Art: Catrin Welz-Stein

Il existe dans l’inconscient des forces si malveillantes qu’elles n’offrent que froideur à toute tentative d’évolution ou de nouveauté.
Elles apparaissent parfois dans les rêves sous les traits d’un démon du froid — ou même du diable. Et l’influence de ce démon est telle qu’un épais brouillard givrant entoure toute nouvelle pousse, qu’il s’agisse de conscience nouvelle, d’impulsions de vie ou de créativité, du moindre germe de plénitude ou même d’espoir.

Dans un monde de jugements et de condamnations en tout genre dont beaucoup d’entre nous ont hérité, l’ingrédient indispensable à la croissance a souvent cruellement manqué depuis l’enfance : le feu secret des Alchimistes, l’amour, la bienveillance, la patiente attention à ce qui fait timidement son apparition.
A sa place, quelque chose de démoniaque s’est installé dans la psyché, fort de longues pratiques ancestrales.

Mais quand, guidée par ses rêves, une femme est suffisamment courageuse pour aborder cette strate de son monde intérieur — malgré la température glaciale qui y règne —, si elle peut protéger suffisamment longtemps la lumière de la conscience,  elle constate en effet qu’il gèle en son enfer et mesure dans le même temps son isolement : ce gel, elle peut le voir, s’étend à ses relations et paralyse tout élan, bloquant ainsi toute possibilité d’obtenir aide et chaleur humaine.
Le courage qui l’habite à ce moment-là est décisif, car un tournant se produit alors dans son existence. Cette prise de conscience lui permet de se distancer de ce démon et de s’en affranchir… puis de s’accorder à elle-même la douceur dont elle a tant besoin pour renouer avec sa véritable essence.

Si, par ailleurs, elle respecte suffisamment les images de ses rêves et qu’elle a soin de se relier à elles — par exemple par un travail créatif ou une imagination active —, si elle se laisse toucher par leur beauté, leur intensité ou leurs promesses, alors quelque chose reprend vie dans son monde intérieur et dans ses tripes, invitant l’animus conscient à honorer le côté précieux de toute étincelle de vie.

— Michèle Le Clech ©

 

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