La voie du rêve : une belle leçon de vie

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Extraits d’un l’article paru sur La voie du rêve
On entend beaucoup parler depuis quelques décennies du nécessaire réenchantement de notre monde en proie à l’hubris de la rationalité. Nous payons ce que nous avons gagné avec l’omniprésence triomphante de la technique et de la science par une perte de sens et de connexion avec notre environnement ainsi qu’avec la grande famille humaine.
Nous faisons face, dans nos sociétés dites avancées, c’est-à-dire du point de vue de la langue des oiseaux en voie de pourrissement, à des épidémies de dépression et d’épuisement tant professionnels qu’existentiels, ainsi que de suicides, qu’ils soient lents avec l’alcool et les drogues ou délibérés et radicaux. Le symptôme le plus grave de cet effondrement psychique qui tend à se généraliser doucement est certainement le nombre croissant de suicides chez les jeunes. Jung en était déjà conscient :
« Depuis que les étoiles sont tombées du ciel et que nos plus nobles étoiles ont pâli, une vie secrète règne dans l’inconscient. C’est pour cela que nous avons aujourd’hui une psychologie et que nous parlons d’inconscient. Tout cela serait et est superflu dans une époque ou une forme de civilisation qui possède des symboles. […] Le ciel est devenu pour nous un espace universel vide, un beau souvenir de ce qui était jadis. Mais notre cœur brûle et une secrète inquiétude ronge les racines de notre être. »
[…] En 1995, quand je suis parti en Quête de vision sur une île au Québec, j’étais un jeune homme idéaliste qui espérait avoir une vision qui changerait sa vie d’un coup de baguette magique. J’ai fait en effet un rêve étrange, avant même de partir sur l’île, où je voyais un corbeau manger les yeux d’un cadavre tandis qu’une voix me disait : « Donne-moi tes yeux et tu verras la réalité autrement ». Sur mon île, j’ai eu la frousse en entendant un corbeau croasser et je suis rentré peu avant la dernière nuit, qui est censée être la nuit de la vision. J’ai pris alors un sacré coup de pied dans le derrière dont je suis très reconnaissant, qui a mis à mal mes rêveries héroïques mais qui m’a reconduit à l’essentiel : j’avais une famille et du travail qui m’attendaient à Montréal, et il était grand temps que je débarque de cet idéalisme qui me faisait toujours imaginer une autre vie, ailleurs, que celle que j’étais en train de vivre. C’est à ce prix-là, n’est-ce-pas, qu’on devient adulte.