Esther Harding : les ressentiments de l’homme

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Réalité de l'âmeChez une femme, les rationalisations se manifestent en général sous la forme de mille « opinions » ramenées par l’animus du bric-à-brac d’une expérience séculaire et relatives à toutes les causes possibles de colère, de haine et d’hostilité.
Chez l’homme, elles adoptent la forme de mille « ressentiments ». Les raisons de la colère de l’homme reflètent moins des pensées logiques que des réactions dues à la frustration de sentiments d’espérance inconscients qu’il lui est difficile d’amener à la conscience pour les exprimer quand on le questionne. Cela provient du fait que l’anima, chez lui, est restée enfouie dans le sein maternel et qu’elle ne lui transmet une compréhension du monde du sentiment que quand elle lui procure un bien-être qu’il tient pour « naturel » et à l’égard duquel il ne se sent pas d’obligation.
Comme les prétentions d’une personne aussi inconsciente ne correspondent pas aux réalités de l’expérience humaine, elles sont naturellement condamnées à être déçues. Tôt ou tard, la vie les contrecarre inévitablement, en général sous la forme l’un conflit avec un être humain quelconque qui ne remplit pas l’attente non exprimée de l’individu. Alors, tous ses sentiments négatifs — qui sont le revers de son exigence inconsciente de voir la vie accomplir tous ses désirs — se fixent sur cette malheureuse créature, comme sur une sorte de « bouc émissaire » ou de « bête noire », dont chaque parole et chaque action est interprétée comme hostile et dangereuse.
[…]Les mauvais traits de caractère qui sont en jeu émanent de l’accusateur lui-même, c’est-à-dire qu’ils sont des « projections ». C’est sa propre « bête noire » qu’un individu voit reflétée qui l’irrite si profondément.